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LFSS 2026 : MESURES RELATIVES AUX RETRAITES
 News du 12-01-2026

La LFSS 2026, publiée au JO du 31 décembre apporte quelques aménagements au calendrier de la réforme des retraites dite « Macron », modifie le dispositif de cumul emploi retraite en le durcissant et apporte quelques aménagements notamment en permettant la prise en compte de la maternité et l’éducation des enfants pour la retraite anticipée carrière longue.

1- Aménagement du calendrier de la réforme "Macron"

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 assouplit les calendriers de relèvement de l’âge légal de départ en retraite et du nombre de trimestres requis pour le taux plein d’une pension de vieillesse à 50 %.

1.1- Modification de l'âge légal de départ à la retraite

L’âge légal de départ sera fixé comme suit selon la génération concernée :

-    génération 1964 : 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) ;
-    génération née au 1er trimestre 1965 : 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois) ;
-    génération née au 2e, 3e ou 4e trimestre 1965 : 63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) ;
-    génération 1966 : 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) ;
-    génération 1967 : 63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois) ;
-    génération 1968 : 63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans).
L’âge légal de départ à la retraite fixée à 64 ans concernera les générations nées à partir de 1969 (au lieu de 1968).
Il convient de préciser que la LFSS prévoit un calendrier différencié pour la génération 1965 pour permettre aux assurés éligibles à un départ en retraite carrière longue de bénéficier de l’abaissement de l’âge légal et de la durée d’assurance.

1.2- Nombre de trimestres

Les générations 1964 et 1965 vont gagner un trimestre. Le nombre de trimestres demandés pour bénéficier d’une retraite au taux plein de 50 % avant 67 ans sera de :

-    170 trimestres (au lieu de 171) pour la génération 1964 ;
-    et 171 trimestres (au lieu de 172) pour la génération 1965.
Les générations nées à partir de 1966 (au lieu de 1965) devront avoir 172 trimestres pour le taux plein avant 67 ans.




Source CNAV 2025
Entrée en vigueur
La mesure s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.


2- Prise en compte des périodes de maternité et d'éducation des enfants pour la retraite anticipée carrièrer longue

La LFSS 2026 prévoit, pour l'ouverture à la retraite anticipée pour carrière longue, de retenir les périodes de majoration de durée d’assurance (MDA) attribuées au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant comme des périodes réputées.
Il en va de même de la majoration de durée d’assurance pour congé parental d’éducation. Ces trimestres de majoration de durée d’assurance devraient être retenus dans la limite de 2.
La mesure s’appliquera également dans les régimes des travailleurs indépendants.
Entrée en vigueur
La mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 et devrait permettre, selon l’exposé des motifs, à 3 % des femmes nées en 1970 de bénéficier d’une anticipation de départ en retraite.

Il convient d’ajouter que le législateur a annoncé durant les débats parlementaires son intention d’améliorer les droits à la retraite des mères. Les pensions de retraite seraient ainsi calculées sur la base des 24 meilleures années de carrière pour les femmes ayant 1 enfant, et des 23 meilleures années pour celles qui ont au moins 2 enfants.
Cette mesure serait prise par un décret et devrait s'appliquer aux départs en retraite intervenant à compter de 2026.


3- Durcissement du dispositif de cumul emploi-retraite à partir de 2027

Le nouveau dispositif de cumul emploi-retraite est dorénavant fixé autour de trois bornes d’âge. La pension de retraite personnelle servie au titre d’un régime de base ou complémentaire pourra être cumulée avec une activité professionnelle dans les conditions suivantes.

Première borne : avant l’âge légal de départ en retraite, la pension servie sera réduite à concurrence des revenus professionnels et de remplacement. La pension sera donc totalement « écrêtée » du montant des revenus perçus.
La volonté du législateur est d’éviter que les assurés bénéficiaires de départ anticipé en retraite (ex. : carrière longue) se tournent vers le cumul emploi-retraite avant l’âge d’ouverture des droits à retraite.
Deuxième borne : de l’âge légal à moins de 67 ans, si les revenus (professionnels et de remplacement) excèdent un seuil qui sera fixé par décret (7 000 € par an selon l’étude d’impact du PLFSS, p. 397), la pension sera réduite à concurrence de la moitié (50 %) du dépassement de ce seuil.
Troisième borne : à partir de 67 ans, la pension pourra être entièrement cumulée avec les revenus professionnels et de remplacement.
Un décret les fixera, en tenant compte de conditions notamment d’âge, de durée de plafond ou de lieu d’exercice de l’activité professionnelle.
Par ailleurs, en cas de reprise ou de poursuite d’activité non salariée, un décret déterminera les conditions dans lesquelles sont appréciées les revenus professionnels perçus l’année au cours de laquelle la pension a pris effet.
L’assuré en cumul emploi-retraite total (ouvert à partir de 67 ans), pourra acquérir des droits à une seconde pension au titre de l’activité reprise ou poursuivie.
Dans le cadre d’un cumul emploi retraite total (à partir de 67 ans), il n’y aura pas de délai d’attente de 6 mois en cas de reprise d’activité auprès du dernier employeur, contrairement à ce qui est actuellement prévu.
En outre, le montant de cette seconde pension ne sera pas plafonné, dans le régime de base, à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale, alors que c’est le cas dans l’actuel CER total.
Entrée en vigueur au 1er janvier 2027
La réforme s’appliquera aux assurés qui entrent en jouissance de leur première pension de vieillesse de base à compter du 1er janvier 2027. Elle ne s’appliquera pas lorsque le titulaire de la pension est entré en jouissance, avant cette date, d’une autre pension de vieillesse de base sauf exceptions.

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